RIGIDITE CADAVERIQUE

Définition :

La rigidité cadavérique est un enraidissement progressif de la musculature causé par des transformations biochimiques affectant les fibres musculaires. C’est  une perte d’élasticité des fibres musculaires des muscles striés squelettiques (et non pas des muscles lisses de l’abdomen). Cet état donne au corps un aspect de statue.

 

D'où vient-elle ?

Plus précisément, elle est due à l’arrêt de l'approvisionnement des cellules en énergie qui entraîne une accumulation des ions calcium Ca2+ dans le réticulum endoplasmique des cellules musculaires. Par le biais de cette altération et par la perte de l’étanchéité du réticulum endoplasmique, la concentration cytoplasmique du Ca2+ augmente. Sous l'action de cet ion, des ponts entre les filaments dactine et de myosine se forment ce qui entraîne l'immobilisation du muscle : aspect figé.

C’est au cours de l’évolution de la rigidité que le pH de la chaire va s'abaisser. En effet la circulation sanguine étant stoppée, l’oxygène n’arrive plus dans les muscles et passe donc rapidement en anaérobiose. Les dernières réserves énergétiques de sucre appelé glycogène sont dégradés en anaérobiose et transformées en acide lactique. Cet acide, du fait de l’arrêt de la circulation sanguine, n’est pas éliminé du muscle : il s’accumule et contribue à l’abaissement du pH. Plus le pH du muscle diminue, plus le muscle devient dur. C’est lorsque le muscle atteint son maximum que le pH devient stable : 5,5.

La disparition de la rigidité est en rapport avec lautolyse et laputréfaction  qui détruisent la structure des filaments d’actine et de myosine ainsi que les liaisons qui les unissent.

 

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Disposition :

La rigidité cadavérique affecte l’ensemble des muscles de l’organisme : elle débute à la nuque puis suit une marche descendante vers les membres inférieurs.

La rigidité débute entre 30 minutes et 2 heures après le décès, presque toujours au niveau de l’extrémité cervico-céphalique (nuque et muscles masticateurs). Elle atteint son intensité maximale entre 6 et 10 heures. Elle se maintient ensuite entre 12 et 42 heures. Puis elle disparaît progressivement en deux ou trois jours entre 48 heures et 72 heures, lorsqu'apparaît la putréfaction. Cette chronologie n’est qu’indicative et en réalité on observe des variations considérables en fonction :

* de la température ambiante (la rigidité est plus rapide lorsque  la température ambiante est élevée et inversement),

* d’une éventuelle activité musculaire intense avant la mort (la rigidité est plus rapide lorsque la mort a été précédé d’une activité musculaire intense),

* de l’importance de la musculature du sujet et de la cause de la mort.

 

Les limites :

Cependant, l’analyse de la rigidité cadavérique présente tout de même des limites : son intensité peut varier, elle est très peu importante chez les personnes âgées et/ou maigres. De plus, il n’existe pas d’instrument permettant de calculer précisément sont intensité, donc l’heure déterminée n’est pas précise. C’est pour cela que la rigidité cadavérique est une méthode qui ne doit pas être utilisée seule pour déterminer précisément l’heure d’un décès.

 


 

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